Carolyn Côté-Lussier publie une nouvelle étude / Carolyn Côté-Lussier publishes a new study

Une étude réalisée par Carolyn Côté-Lussier de l’Université d’Ottawa et Jason T. Carmichael de l’Université McGill démontre que l’inclination du public pour les politiques sévères en matière de justice pénale est davantage fondée sur les préoccupations morales que sur les affiliations politiques. Lisez une entrevue avec professeure Côté-Lussier ici (en anglais seulement).

Research by Carolyn Côté-Lussier from the University of Ottawa and Jason T. Carmichael from McGill University shows that public support for harsh criminal justice policy is better explained by moral concerns than political affiliation. Read an interview with professor Côté-Lussier here.

Opinion publique sur la réforme de la justice pénale : les préoccupations morales et non l’appartenance politique

Le Canada entreprend actuellement une révision des fondements de ses politiques de justice pénale, notamment en ce qui a trait aux pratiques controversées de l’isolement et des peines minimales obligatoires. Ces enjeux ont été ramenés au premier plan après de récents décès en isolement hautement médiatisés et d’importants délais dans les tribunaux canadiens. Chez nos voisins du sud, l’initiative de réforme du système étatsunien de justice pénale englobe entre autres des lois visant à faciliter la libération des personnes condamnées par erreur et l’amélioration des conditions carcérales pour les personnes atteintes de maladies mentales. Le cheminement de ces réformes repose entre autres sur l’atteinte d’un consensus politique.

Les travaux des deux chercheurs démontrent que si elles sont bien expliquées et objectivement évaluées comme étant équitables, les réformes pénales difficiles et initialement impopulaires auprès du public sont susceptibles d’être acceptées au fil du temps.

Moral concerns, not politics, guide public opinion on criminal justice reform

Canada is in the midst of revising the foundations of its criminal justice policies related to, among other things, the controversial practices of solitary confinement and mandatory minimum sentences. Recent high profile deaths in solitary confinement and significant court backlogs have brought these issues to the forefront at home. Abroad, the Criminal Justice Reform Initiative in the United States has focused in part on legislation to help free wrongfully convicted individuals and improving conditions for those with mental illness. Moving forward with such reforms depends in part on finding a political consensus.

Côté-Lussier and Carmichael’s research shows that difficult, and initially unpopular reforms that are explained and objectively assessed as being fair are likely to become accepted with time.

Un système de justice pénale qui coûte cher

On estime que les dépenses liées au système canadien de justice pénale se sont accrues de 66 % entre 2002 et 2012, passant de 13,4 à 20,3 milliards de dollars. Bien que le taux d’incarcération des adultes est demeuré relativement stable au cours des quelque 50 dernières années au Canada, le nombre de personnes qui attendent leur procès derrière les barreaux est monté en flèche – en 2016, ces personnes composaient plus de la moitié de la population carcérale au Canada

The costly criminal justice system

It is estimated that Canadian criminal justice system expenditures increased by 66 percent (from $13.4 billion to $20.3 billion) between 2002 and 2012. Although the Canadian adult incarceration rate has remained relatively stable over the past fifty or so years, there have been important increases in the number of people jailed while awaiting trial — in 2016, it grew to more than half of Canada’s prison population