Professeure Perrault obtient une subvention de développement Savoir du CRSH

Le projet de loi composite (Bill Omnibus) de 1969 et ses suites en 1972 ont décriminalisé partiellement l’avortement et la sodomie/grossière indécence, alors qu’ils ont décriminalisé totalement la tentative de suicide. Dans un contexte de forte natalité, les principes directeurs de maintien absolu et de reproduction de la vie qui prévalaient jusque là prennent ombrage, d’autant que l’institution au sens large de la médecine prend de plus en plus de place dans l’explication et le traitement des comportements qui posent socialement et moralement problème.

Un projet de recherche mené par Isabelle Perrault (professeur agrégé) et financé par une subvention de développement Savoir du CRSH vise à analyser le matériel empirique identifié et disponible sur quatre (4) articles du Code criminel canadien : les articles 155 sur la sodomie et 157 sur la grossière indécence, l’article 241 sur la tentative de suicide et l’article 287 sur l’avortement. À l’aide de sources d’archives, telles que la correspondance envoyée par des individus ou groupes au ministre fédéral de la Justice, les débats à la Chambre des communes, les décisions importantes des tribunaux du pays et les enquêtes préliminaires et procès aux différentes cours criminelles du district judiciaire de Montréal (échantillon), l'étude analysera d'une part, les écrits des acteurs sociaux, juridiques et politiques sur les questions touchant le corps et la vie des Canadiens/nes et, d'autre part, le fonctionnement effectif du système pénal en partant de la dénonciation/plainte envers une personne jusqu'à sa condamnation/relaxation.

Cette recherche questionne la transition du maintien absolu de la vie et de l'idéal procréatif vers une biopolitique basée sur les droits de la personne, ce que nous laisse penser la récente loi sur l'aide médicale à mourir, la commercialisation de la pilule abortive et le projet de loi sur la décriminalisation totale des relations anales, événements datant tous de 2016. Pour ce faire, l'étude mobilise un cadre théorique influencé par des philosophes du biopolitique (Foucault, Agamben, Esposito) et mettrons des données à l'épreuve d'une analyse qualitative inspirée de la théorisation ancrée.